Visage(s)

V

Brigitte Bardot dans Le Mépris de Jean-Luc Godard, 1963

« Nous allons filmer la chose la plus intéressante au monde, un visage humain.»

« What can we shoot?
The most interesting and exciting thing in the whole world: a human face. »

John Ford, à un collaborateur qui lui demandait ce qu’ils allaient pouvoir filmer alors que les conditions météo n’étaient pas bonnes.

« Ouvre tes yeux une seconde. Rien qu’une seconde. »

Une femme douce, Robert Bresson, 1969

« Ce qu’aucun oeil humain n’est capable d’attraper, aucun crayon, pinceau, plume de fixer, ta caméra l’attrape sans savoir ce que c’est et le fixe avec l’indifférence scrupuleuse d’une machine.»

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe

« …
Mais vous êtes donc le diable !
… »

Chantal… dans Journal d’un curé de campagne, Robert Bresson, 1951

« …
Paul !

Non pas du tout. Vas-y Camille. Vas-y. ça m’est égal, vas-y Camille. »

Le mépris, Jean-Luc Godard, 1963

Le cuirassé Potemkine, Sergueï Eisenstein, 1926

Gong Li dans Miami Vice, Michael Mann, 2006

« Quiconque a suivi les aventures de l’image a, depuis dix, vingt ou trente ans, assisté à l’étrange “effacement” du visage humain. Les films qui “cassent la baraque” sont décoratifs, mythologiques, écologiques. Les stars s’étiolent, la chirurgie esthétique (c’est-à-dire la publicité) gagne, le corps flotte dans un marché dérégulé de prothèses et de signes. La guerre n’est plus celle où, dans une tranchée, un soldat découvre sur le visage de l’autre qu’il ne peut pas le tuer (je pense à un vieux film de Lubitsch, L’Homme que j’ai tué) : la guerre devient le triomphe du visuel sur fond d’un visage deux fois perdu. »

Serge Daney, « Du visuel au cinéma », Libération, lundi 4 février 1991.